Lettre
de João da Silveira au roi D. João III Poissy,25 avril 1523 Archives Nationales
Torre do Tombo Lisbonne Corpo Chronologico Parte I maço 29 doc. 54 Maître Jean
Verazano, qui va à la découverte du Cathay, n'est pas encore parti au moment
où j'écris cette lettre, selon les nouvelles que j'en ai. Et c'est aussi bien
par manque de temps favorable qu'à cause de quelque mésentente qu'on me dit
exister entre lui et les gens qu'il emmène; et s'il en est bien comme je l'ai
écrit dans les autres lettres à Votre Altesse, je ne présume pas que cela soit
certain, mais je ne laisse pourtant pas de le présumer jusqu'à ce qu'ils partent.
Le docteur maître Diogo de gouveia se rend maintenant à Rouen où il en saura
tout ce qu'on peut savoir de plus sûr, et il l'écrira longuement à Votre Altesse,
selon ce que je lui ai recommandé. Que Notre-Seigneur fasse bénéficier la vie
et l'Etat royal de Votre Altesse de jours prospères et longs. De Poissy, le
XXV avril de 1523 Je baise les mains royales de Votre Altesse João da Silveira.

Dans
cette deuxième lettre de da Silveira, nous apprenons que Verrazane n'est pas
encore parti le 25 avril 1523 et qu'une mésentente existe entre lui et son équipage.
Il s'agit sans doute d'un conflit avec Antoine de Conflans, Capitaine de la
Dauphine. Alors que Verrazane s'affaire à mettre au point son départ pour le
Cathay, Antoine de Conflans et le Vice-Amiral Le Roy du Chillou préparent une
expédition militaire pour l'Ecosse, d'où le retard des navires de Verrazane,
qualifié "d'embargo" par da Silveira. La Dauphine et les trois autres navires
durent faire campagne pendant six mois dans le Nord avant de pouvoir partir
vers le Nouveau Monde.